’effet thérapeutique ne peut être imputé à un seul constituant chimique ou à un groupe de molécules. C’est l’ensemble des substances présentes dans le végétal qui détermine l’activité de la plante, par un effet de synergie, mais parfois aussi d’antagonisme

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" Chassez le naturel... "

 

« L’effet thérapeutique ne peut être imputé à un seul constituant chimique ou à un groupe de molécules. C’est l’ensemble des substances présentes dans le végétal qui détermine l’activité de la plante, par un effet de synergie, mais parfois aussi,d’antagonisme » Pr Jean-Marie Pelt


 


 

 

 

 

L’aphorisme d'Hippocrate « Que ton aliment soit ton médicament » montre que de tous temps, les hommes ont fait le lien entre alimentation et santé. Depuis toujours, des études ont permis de mieux connaître la composition et les propriétés des végétaux . Ce n'est que lorsqu'on a découvert la fulgurante action des molécules chimiques que leur intérêt thérapeutique a été mis de côté. Le radis noir si remarquable pour les insuffisances hépatiques, la pomme aux propriétés diurétiques et aux effets dépuratifs sont tombés rapidement dans l'oubli.

De même, les connaissances sur les plantes accumulées depuis des millénaires par centaines de générations, ont failli disparaître en quelques décennies.

 

Aujourd'hui, les plantes sont à l'origine de la découverte de la plupart des nouvelles molécules employées par l'allopathie ; elles sont aussi utilisées avec succès en phytothérapie et naturothérapie sous toutes formes : homéopathiques, teintures mères, macérats glycérinés, élixirs, huiles essentielles, nébulisats, extraits, poudres, jus, tisanes et même, tout simplement, au naturel, dans les aliments: il est facile d'ajouter des grains de genièvre à ses plats, ou suivre une cure de myrtille plutôt que de consommer ces baies en tisane !


Face aux drogues chimiques devenant manifestement de plus en plus agressives, ces phytothérapies gagnent petit à petit la faveur du public et des médecins. Bien choisies et utilisées par des personnes averties, les plantes guérissent ou contribuent à guérir, parfois très rapidement, non seulement insomnie, maux de tête, rhumatismes, refroidissements, mais aussi de très nombreuses maladies.


La recherche de la molécule responsable de l’activité thérapeutique du végétal pour son extraction puis sa synthèse industrielle en vue de la commercialisation et de la recherche du plus grand profit a fait oublier l’importance du totum de la plante. L’activité d’une préparation à base de plante est communément rattachée à la présence du constituant majoritaire qu’elle renferme. Ce n’est pas toujours ce constituant majoritaire qui est responsable de l’effet thérapeutique, ni le marqueur choisi, comme par exemple l’hypéricine dans Hypericum perforatum (le millepertuis) qui est photosensibilisante et antivirale alors que c’est l'ensemble (hypéricines, hyperforines et xanthones) qui participe à l’effet IMAO, antidépresseur.

 

Il convient de prescrire la plante dans sa globalité, c’est-à-dire son totum, en vue d’une efficacité maximale, plus importante que celle du principe actif isolé. Il module souvent les effets, tels ceux de la caféine associés aux tanins dans le thé. Le totum correspond à une diversité moléculaire, c’est l’ensemble des constituants chimiques du végétal, générant un profil pharmacologique spécifique, qui lui confère son activité thérapeutique.

 

 


SUBSTANCES NATURELLES ET SUBSTANCES SYNTHÉTISÉES

 

Depuis de nombreuses années, les travaux de laboratoire se sont appliqués à démontrer que les plantes contiennent à profusion les mêmes substances actives que les médicaments chimiques, mais à l'état naturel et dans leur contexte d'origine. Le colchique, par exemple, souverain dans les cas de crises de goutte, grâce à l'un de ces constituants, la colchicine (1819) fut alors beaucoup prescrit par les médecins.
Au XXe siècle, lorsque la colchicine fut synthétisée en médicament, c'est à dire, séparée du colchique, cette efficacité fut acccompagnée de contre-indications dangereuses dans de nombreux cas.

De nombreux principes actifs contenus dans les plantes n'ont encore jamais été synthétisés, et restent donc exclusivement disponibles dans le végétal. Voilà pourquoi la phytothérapie a tant d'adeptes y compris médecins.


Contrairement à la plupart des médicaments de synthèse, elle peut être employée dans un but préventif. Evidemment, en cas de pathologies très graves, la plupart des gens font appel aux techniques les plus « lourdes » - mais dans le cas de troubles bénins et pénibles, comme la constipation, rien ne justifie l'usage des produits brutaux ; tisane, algues ou pruneaux sont tout indiqués.

 

Très souvent, l’industrie pharmaceutique synthétise chimiquement des molécules qu'elle pourrait extraire de produits naturels, car cette méthode est moins coûteuse; c'est notamment le cas de vitamines. On peut donc avoir des molécules de synthèse qui remplacent des molécules naturelles théoriquement identiques. Elle commercialise aussi des molécules curatives naturelles, mais «purifiées» par ses méthodes, c’est-à-dire extraites et séparées de leur substrat naturel par des solvants, distillations multiples, etc. Ces méthodes de fabrication laissent des substances résiduelles qui vont se retrouver dans le produit à de faibles concentrations, dont on aura vérifié, en principe, qu'elles ne présentent aucun danger toxique immédiat. Les problêmes sont les suivants : nous ne savons pas l'impact de ces substances résiduelles sur le long terme (accumulation), les impuretés peuvent altérer les propriétés curatives de ces médicaments et les rendre toxiques, même à des taux extrêmement faibles. En effet on ne connaît pas systématiquement l'interaction positive ou négative des molécules actives avec ces impuretés. Pour ces raisons et lorsque c'est possible, il nous semble meilleur d'utiliser la molécule naturelle dans son totum.

 

Certes, dans les remèdes naturels, on rencontre aussi un grand nombre d'impuretés, utiles ou inoffensives, mais les organismes vivants s'y sont adaptés, et une expérience millénaire permet de sélectionner les plantes et minéraux toxiques. De plus les médecines naturelles opèrent par tri, séchage, broyage, extraction partielle par l’eau, l'alcool, l'huile, des procédés moins brutaux et beaucoup plus respectueux des éléments naturels, mais plus coûteux.

 

 


CONTRE LA PHYTOTHÉRAPIE: DES ARGUMENTS DÉPASSÉS..

 


- La composition des plantes n'a pas l'exactitude des produits fabriqués en laboratoire

 

Argument dépassé : Actuellement cultivateurs, récoltants, façonniers et laboratoires livrent des plantes, tisanes, extraits ou teintures mères, répondant aux normes scientifiques exigées en matière de médicaments. En aromathérapie comme dans l'ensemble de la phytothérapie rénovée, existent des dénominations spécifiant des qualités de plus en plus précises de plantes, de sorte que le praticien prescrit en toute sécurité une spécialité dont il sait qu'elle contient les composants nécessaires et suffisants au traitement de l'affection dont souffre son patient.

 

- Les traitements phytothérapiques demandent des mois pour parvenir à un résultat

 

Argument fallacieux: Si l'on pense assainir en une semaine un terrain complètement intoxiqué depuis 50 ans en buvant une tasse de tisane avant de se coucher, évidemment on se trompe. Le traitement d'un syndrome, d'une maladie chronique installée depuis des années ou d'une pathologie grave demande au moins quelques mois, en phytothérapie comme dans n'importe quelle autre médecine.


Et c'est heureux, car sauf en cas de nécessité absolue, à la suite d'un accident ou agression, mieux vaut ne pas brutaliser l'organisme ! En revanche la phytothérapie est bien souvent capable de soigner les cas bénins en moins de temps que la médecine conventionnelle, surtout lorsqu'un praticien fait systématiquement appel à des antibiothérapies lourdes pour la moindre affection. L’aromathérapie, notamment, a largement démontré qu'elle pouvait guérir une angine en 24h, et un sirop de radis noir stoppe les toux rebelles en quelques jours. De même, l'association de plantes et d'essences par voies externe et interne traite rapidement et efficacement de nombreux troubles circulatoires.

 

 


DES REMÈDES DE BONNE FÂME

 

En fait, la plante est au moins aussi puissante et plus efficace que le produit de synthèse parce qu’elle contient de nombreux éléments biochimiques agissant en synergie, alors que le médicament chimique en contient très peu. La plante est mieux tolérée par l'organisme, car généralement moins brutale dans ses effets que le médicament de synthèse. Le système immunitaire, non affaibli par l'irruption d'un remède insuffisant en qualité et excessif en quantité, dispose alors d'une énergie supplémentaire pour intervenir.


La puissance de la phytotherapie par huiles essentielles, macérats glycérinés, ou teintures mères est incontestable.


L'effet thérapeutique et préventif des tisanes n'est pas pour autant à négliger. Non qu'elles puissent remplacer le traitement par des aromathérapies ou l'action ciblée des gemmothérapies, mais participant à l'alimentation quotidienne, elles apportent, en plus de leurs principes actifs, des nutriments indispensables. Ces infusions en effet, contiennent des quantités appréciables de vitamines (B1&B2), minéraux, mucilages et oligo-éléments qui, à eux seuls, si consommés quotidiennement, préservent des subcarences pourvoyeuses de nombreux troubles, allant des rhumes à répétition à la nervosité. Sans compter que la chaleur agit immédiatement sur certains petits troubles momentanés et favorise l'assimilation des plantes thérapeutiques associées.


Enfin, des centaines de végétaux contiennent des antibiotiques naturels que les infusions restituent sans altération.
Tisanes : remèdes de «bonnes femmes»? Contresens, car ce sont des remèdes de bonne fama, de bonne réputation. Cette renommée repose, non sur une pratique thérapeutique ponctuelle, mais sur un usage journalier et soutenu, sur une consommation tout bonnement alimentaire!
Des plantes médicinales peuvent être consommées quotidiennement à titre préventif, alors que l'absorption régulière de médicaments induit des pathologies graves.

 



MÉDECINE DU PASSE, MÉDECINE DU FUTUR

 

La phytothérapie a été et reste le mode médical le plus employé de par le monde. Les hommes savent depuis toujours, bien qu'ils n'usent de mots scientifiques que depuis peu, que les plantes sont antiseptiques, bactéricides, antibiotiques, antifongiques, antivirales, antimitotiques, hormonales, antirhumatismales, circulatoires, antidiabétiques, hypertensives ou hypotensives, tonifiantes, antispasmodiques, stomachiques, hépatiques.
Cette connaissance dite empirique, qui devrait être appelée expérimentale, car forte de millénaires d'observation et de pratique, permet de maîtriser, employer, connaître avec précision contre-indications, dangers et toxicité de certaines plantes, et de les doser avec une précision suffisante pour éviter les effets secondaires gênants. Les scientifiques peuvent alors utiliser en toute sécurité ce savoir traditionnel pour guider leurs recherches et préparer leurs découvertes.


Les analyses expliquent en partie pourquoi elles sont si efficaces; leur incomparable richesse en composants, se comptant par centaines, les rend propres à de multiples usages, et nécessite souvent de les employer sous toutes leurs formes, plante totale, partie de la plante, tisanes, essences, poudres, teintures, nébulisats...


C'est pourquoi la phytothérapie, médecine du passé le plus ancien, est sans aucun doute une médecine d'avenir. Elle continue de s'enrichir au quotidien de la découverte de nouvelles espèces, françaises, européennes, ou exotiques. On découvre encore des vertus insoupçonnées dans bien des plantes connues depuis très longtemps, et des plantes hier encore inconnues se révèlent parfois pleines de promesses.

Médecine naturelle par excellence, la phytothérapie est une médecine puissante et complexe, qui ne souffre sans doute que du mauvais emploi que certains charlatans ou un public non averti peuvent en faire. Mais cela ne lui est pas spécifique !











MINÉRAUX ET OLIGO-ÉLÉMENTS WINTERLÅND